Ce livre est avant tout un « bon livre », d’après son auteur! Ecrit dans un style tout particulier, où le langage recoupe le penser. Difficile de suivre le texte, puisque c’est proche de la pure pensée. Thèmes/mots clés : connaissance, civilisation, homme, science, philosophie, art. Origine de sa pensée : Kant, Schopenhauer, les Grecs (présocratique)
Nietzsche met en garde contre les dangers de la science. Celle-ci, poussée à l’extrême, n’est plus un bien pour l’homme. La connaissance, objet typiquement humain, n’apporte pas en elle même à l’homme le bonheur. Elle ne le rend pas plus homme non plus. Mais il existe un instinct de connaissance qui nous pousse à tout comprendre de ce qui se passe autour de nous.
Cet instinct change notre vision du monde, en le rendant plus neutre ( désenchantement du monde de Weber…). L’homme donne du sens, il doit donner sens aux choses. Mais ces choses nous sont étrangères. Nous ne recevons que des « excitations » de la part de signaux émis par les objets et perçus par nos sens. La plante n’existe que dans la mesure où elle prend forme dans mon esprit ( dérives métaphysiques à la Berkeley). Le monde existerait très bien sans l’homme…
La science pense que connaître le monde nous permettrait « d’être mieux »…Mais c’est en fait tout l’inverse. Elle est un processus destructeur, qui rend l’homme « insensible ». Et sans sentiment, l’homme n’est rien que de la pure matière… Il s’agit de rendre leur beauté aux choses, d’effectuer une « transfiguration esthétique » du monde. Comment ? Par l’art, qui seul peut soulever des voiles, cacher la vérité derrière des illusions. Il est le remède aux maux causés par la connaissance.
L’homme est malade : sa pulsion, son instinct à connaître, à chercher la vérité, l’a poussé dans une impasse, sans doute un cercle vicieux : plus je veux connaître, et plus je connais, mais plus je me rend compte que je ne sais pas tout. Donc plus je veux connaître. Et cet instinct détourne l’homme de la contemplation, du beau, de l’art. On peut ici se reporter à La Naissance de la Tragédie, avec la thématique suivante : l’existence ne prend son sens que dans la contemplation de l’esthétique. Le philosophe ? Il doit fixer des limites à cet instinct, à la science (éthique scientifique ?).
Mais il en donne aussi une certaine définition : il est celui qui reste extérieur à son temps. Intemporel. Il est aussi médecin, celui qui diagnostique le mal, et y apporte une solution. Mais ce n’est pas celui qui s’implique dans son siècle. Le philosophe ne fait pas de politique : il observe, prévient, et prescrit. Ce n’est pas à lui d’appliquer, d’exécuter. Il reste législatif. Il doit aussi en quelques sortes montrer l’exemple. Le philosophe doit se faire philosophe-artiste, il doit tisser des voiles, des illusions : le faire pour lui surtout. Mais être imité et dépassé par les autres.