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	<title>Pimmelpause</title>
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		<title>L&#8217;apprenti marionnettiste &#8211; ou : du travail</title>
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		<pubDate>Thu, 13 Mar 2008 14:37:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>zarath</dc:creator>
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		<description><![CDATA[L’apprenti accourut aux ordres de son maître, dès qu’il entendit son appel. Il traversa la grande pièce principale, sans manquer, comme à son habitude, de jeter un coup d’oeil aux pantins désarticulés qui gisait dans les coins de l’atelier. Et comme à son habitude, il regretta de ne pas avoir le temps de toutes les [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=pimmel.wordpress.com&amp;blog=3149095&amp;post=7&amp;subd=pimmel&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L’apprenti accourut aux ordres de son maître, dès qu’il entendit son appel. Il traversa la grande pièce principale, sans manquer, comme à son habitude, de jeter un coup d’oeil aux pantins désarticulés qui gisait dans les coins de l’atelier. Et comme à son habitude, il regretta de ne pas avoir le temps de toutes les réparer. Et comme d’habitude, il pénétra dans la pièce du maître. Celui-ci était penché sur son bureau, la lampe à pied baissée au plus près possible de son visage. L’apprenti se demanda, comme à son habitude, comment les cheveux ne brûlaient jamais. Le maître s’arrêta, sembla surpris et presque gêné de la présence du jeune homme dans la pièce. Alors qu’ils se demandaient ce qu’il faisait là, il se rappela qu’il n’avait plus de fusain. „M’faut du fusain“, grommela t-il dans sa barbe, en regardant l’apprenti avec ses grosses lunettes. Il avait l’air ahurit, mais ce dernier avait arrêté d’y prêter attention; pourtant, il ne pouvait au début s’empêcher de sourire. Il s’efforçait plutôt à comprendre les sons à demi-mâché qui lui parvenait à l’oreille. Sans dire mot, il se retourna, retourna dans la grande pièce pour chercher le fusain. Il ne tarda pas à l’apporter à son maître. Celui-ci lui prit des mains sans même relever la tête, et l’apprenti retourna à sa pièce. Il avait eu le droit à une pièce séparé de l’atelier, quand il fut suffisamment formé pour réparer les pantins défectueux. Enfin, c’est ce que lui avait dit son maître. En fait, il eu sa propre pièce quand il fut capable de fournir le même travail que son maître. Il resta néanmoins apprenti, et le restera jusqu’à la mort du maître. Il était marionnettiste. Son maître dessinait les modèles; lui les façonnés, les sculptés. Il suffisait ensuite de placé les cordelettes correctement, et le tour était joué. Mais cela prenait souvent plus d’une semaine, pour faire un bon pantin. Il y avait les ratés : ceux-ci était entassé dans la grande pièce, aux côtés des outils, des pots de peintures, du matériel à dessin.</p>
<p class="spip">L’endroit sentait bon la sciure, le silence, et les planches des bois qui séchaient dans la mezzanine de la grande pièce. Celle-ci ne devait pas mesurer plus de 8 mètres de long sur 3 mètres de large. Il faut dire aussi, que les deux autres pièces étaient tellement petites, que la grande pièce ne semblait pas devoir accepter son adjectif : le premier venu lui aurait attribué celui de gigantesque, ou celui de céleste. Quoiqu’il en soit, c’était ici que l’apprenti avait vécu depuis fort longtemps déjà, et sans doute lui-même n’avait pas d’autre souvenir que celui de l’atelier. Il connaissait évidemment le village, et l’atelier avait pignon sur rue sur la grande place. Qui d’ailleurs, ne méritait pas plus que la grande pièce son qualificatif, tant le village était petit. Il y avait le strict nécessaire, mais cela semblait suffit à tous. Car en effet, qu’a t’on besoin de plus que le nécessaire. Alors que l’apprenti était perdu dans des pensées de ce genre en sculptant la tête d’un berger, ses yeux se baladaient dans la petite pièce. Ils s’arrêtèrent sur la fenêtre, qui luisait d’une lumière étranger. Il s’approcha s’en approcha. Cela ne lui arrivait pratiquement jamais, mais les histoires sont faites pour raconter des faits qui n’arrivent pratiquement jamais. Et qui sont toujours exceptionnels dans la vie de leur héros, même si on ne connaît le héros que précisément sous cet angle. Il semblait faire beau dehors. Le fait fût donc, à tel point extraordinaire qu’il est nécessaire de le mentionner ici. L’apprenti s’approcha de la fenêtre, d’où percé un rayon de soleil. Mais le carreau était tellement recouvert de poussière, et ses cadres de toiles d’araignées, que l’apprenti dût y donner un coup avec le manche de sa chemise de travail. Il fut d’abord ébloui par la lumière qui pénétra dans la pièce. Elle donna des ombres à tout les objets entreposés dans la petite pièce, et comme l’apprenti, en se retourna, projeta sa propre ombre contre le mur et cacha celle des pantins et des divers objets, il ne put pas voir une autre ombre que la sienne. Et tout lui sembla obscure, comme à d’habitude. Puis il regarda la fenêtre, et, encore plus extraordinaire que cela puisse paraître, il regarde à travers la fenêtre. Et il vit les champs de blé qui s’étendait derrière l’atelier : car de la grand’place aux champs, il n’y avait pas une grande distance : précisément la place, pour un atelier de marionnette. A travers les champs serpentantait le vieux chemin qui menait à la ville. Si l’apprenti ne l’avait jamais emprunté, on racontait néanmoins des choses fabuleuses sur la ville. Notamment, qu’il y en avait une encore plus grande. Mais le chemin se perdait sous les arbres de la vielle forêt, qui bordait les champs de la vallée, et protéger les falaises de la montagne contre l’intrusion de l’homme. Pourtant, le maître lui avait dit un jour que des hommes allaient dans la forêt, qu’ils abattaient les arbres, et lui vendait. Il les stockait alors dans le grenier, et c’est avec cela que lui, l’apprenti, confectionnait le corps des marionnettes. Il se demanda alors quelle main invisible pouvait bien faire que tout se passait si bien dans ce village. Il ne trouva pas la réponse. Alors que l’apprenti se perdait dans ses pensées, et oubliait qu’il était entrain de faire quelque chose d’extraordinaire (voir à travers la fenêtre), quelque chose de plus fabuleux encore lui arriva : il cru distinguer, au loin, sur le chemin, un chariot qui soulevait un nuage de poussière. Autrement dit, il vu sortir un chariot de la forêt, et il n’avait pas l’air d’être un chariot de bûcheron. Cela, ils les connaissaient : ils étaient très long, pour pouvoir transporter les troncs. Il était tellement ébloui, à la fois par le soleil et par les idées qui l’assiégeait de partout, qu’il sembla sortir du temps. Il revint à lui quand il entendit les grommellement de son maître, qui le sommait de venir le voir. Avant d’emprunter le trajet vers la grande salle, il osa un coup d’oeil vers la fenêtre, puis vers le carreau, puis à travers le carreau : et le chariot était presque arrivé à 100 mètres du village. Il n’en cru rien, tant cela était extra-ordinaire. Il alla alors voir son maître, qui lui dit, mais seul l’apprenti pu le comprendre „M’faut du papier à dessin“. Celui-ci sortit sans même remarquer les lunettes de son maître, regarda dans la vielle armoire à dessin, pris le papier, le porta à son maître sans que celui-ci ne releva la tête. Il retourna dans sa petite pièce en marchant à toute vitesse, et en passant le seuil de sa porte, il pointa son regard directement vers la fenêtre. Celle-ci était couverte de toiles d’araignées, et quand il tenta de regarder à travers le carreau, il ne put rien voir à cause de la poussière. „J’ai du rêver“ se dit-il. Et il alla s’asseoir sur son tabouret, pour se remettre sur la tête de berger qu’il était en train de façonner. Mais celle-ci était terminée. Il avait donc fini sa journée, et il se réfugia dans le grenier de la grande salle – car c’est là qu’il avait son lit -, et il s’endormit.</p>
<p class="spip">Il se réveilla de bonne heure, comme à son habitude, avant que le soleil ne se lève. Et comme à son habitude, le maître était déjà penché sur ses dessins. Il entra dans la petite pièce de son maître, et sans dire mot, comme à son habitude, il prit le dessin terminé qui était posé sur le bureau. Le maître avait dessiné une jeune femme, et sans doute allait-elle de paire avec le berger de la veille. Sans plus attendre, il traversa la grande salle et se rendit dans sa petite pièce. Il ne put, ce matin aussi, s’empêcher de jeter un coup d’oeil à la fenêtre : mais il ne put rien voir, à cause des toiles d’araignées et de la poussière. Il choisit un beau morceau de bois et se mit aussitôt au travail. Au fur à mesure que les heures passaient, la tête prenait forme. Car il avait l’habitude de commencer un nouveau pantin par ce qu’il avait terminé la veille : il s’agit donc aujourd’hui de la tête. Mais il se passa une chose extra-ordinaire, quoique pour la seconde fois. Il aperçu un rayon de lumière, s’approcha de la fenêtre, nettoya le cadre et dépoussiéra le carreau. Il vit comme hier les champs de blé, le chemin qui serpente et se perd dans la forêt, gardienne de la montagne. Mais il regarda aussi au plus près, et comme le chemin passait non loin de l’atelier, il se pencha un peu un avant, et vu le cul du chariot, garait, juste en face de lui, sur le bord du chemin. Et ce qu’il avait prit hier pour un chariot n’était autre qu’un carrosse, même s’il était pas couvert d’or et de diamant : c’était un véhicule avec deux grandes roues de chaque côté, un toit, et des portes sur le côté. Il se pencha encore plus, si bien que son visage se colla contre le carreau, et il ressentit le froid du verre. Celui lui permit de voir l’avant du chariot, jusqu’à apercevoir l’attelage ! Deux magnifiques chevaux baies se tenait là, tranquillement. Il les contempla pendant longtemps, très longtemps&#8230; Et sortit de sa rêverie en percevant la voix du maître. Il alla le voir, écouta sa demande, regarda ses lunettes, s’exécuta. Puis il revint, presque en courant dans sa petite pièce. Il regarda tout de suite la fenêtre : elle était comme il l’avait tant redouté, pleine de poussière et de toiles d’araignées. Avec déception, il se remit au travail : mais la tête était déjà terminée. „J’ai du rêver“ pensa t-il, mais il remarqua qu’il avait fait pour la deuxième fois un rêve plus ou moins similaire. Il repensa à ce qu’il avait vu, et se dit que „ça pourrait être bien“, d’aller se promener dans les champs. Et le maître le rappela, et il s’exécuta, puis se remit au travail.</p>
<p class="spip">Mais comment le soleil commençaient à baisser, et que sa lumière devait plus jaune et plus chaleureuse, et que les ombres s’agrandissaient dans la petite pièce de l’apprenti, quelqu’un frappa au carreau de la porte d’entrée. Il ne se leva pas, car il se dit que cela devait être une visite pour le maître. Cela arrivait; rarement, mais cela arrivait. Un moment passa, puis on frappa de nouveau, et le maître ne bougeait toujours pas. Alors l’apprenti réfléchit, puis se leva. Alors qu’il était dans la grande pièce, il s’approcha de la porte d’entrée, et regarda à travers le carreau. Car le carreau de la porte d’entrée était toujours propre : il donnait sur la grand’place du village. Mais il ne vit quand même personne. Tout étonné, il entendit comme un bruit venant de sa petit pièce : quelqu’un frappait à sa fenêtre. Il retourna sur ses pas, et passant le seuil de sa porte. Alors on frappa à la grande pièce. Mais le maître ne bougea pas, et lui revient de nouveau sur ces pas : on frappa à la fenêtre. Tout cela commençait à l’agacer, lui qui avait l’habitude de vivre dans le silence, si ce ne sont les grommellements du maître, et le bruit que faisait ses outils quand il travaillait le bois. Il retourna alors dans sa petite pièce, et on frappa à la porte d’entrée. Il s’assit par terre, se boucha les oreilles avec la paume de ses mains, puis attendit. Il attendit encore. Puis on frappa de nouveau à la porte. Il attendit. On frappa encore à la porte. Cela dura un bon moment, tant et si bien qu’il se releva, alla dans la grande pièce, et comme on frappa à la fenêtre, il pris la poignée de la porte, respira un grand coup et sortit. Le dehors était plus lumineux, même si les ombres étaient déjà longues. Il jeta un coup d’oeil vers le chariot et les chevaux : il n’y avait rien du tout. Il fit le tour de l’atelier, et comme il passait l’angle du mur qui donne sur sa fenêtre, il entendit un bruit de pas. Enfin, il passa l’angle et pu voir : quelqu’un s’enfuyait à travers les champs de blé. Sans réfléchir, il décida de le suivre, et il se mit à courir après lui. Les champs sentaient bon le blé brun mûrit par le soleil, mais l’apprenti courrait et ne sentait rien. L’autre semblait très rapide, mais il ne gagnait pas un pousse sur son poursuivant. Celui-ci se guidait par le sentier de blé couché. La course dura un long moment, tant et si bien qu’il arriva à la hauteur de la forêt. Essoufflé, il marqua une pause, et aperçu la silhouette de celui qu’il poursuivait dans le sous bois. Il se retourna, et aperçut au loin le village. Il respira une dernière fois une grand bouffé d’air, et se remit à courir. Comme l’autre l’observait, il se remit aussi à courir. La forêt sentait bon le chêne, le pin et le châtaigner. Mais l’apprenti ne ressentait que les branches qui lui barraient le chemin et lui griffaient ses vêtements et le visage. L’autre se déplaçait vite : exactement à la même vitesse que son poursuivant. Tout deux coururent longtemps, et le soleil commençaient à se coucher, le soir arrivait. Finalement, ils passèrent la forêt et arrivèrent dans la montagne. Derrière eux, le village n’était qu’un point dans le paysage. Ils coururent encore pendant longtemps, et la vue qui s’offrait à l’apprenti était pleines des couleurs des champs de blé jaune et des arbres verts. Et le vent soufflait dans ses cheveux, et s’infiltrait dans sous ses vêtements, donnant à son corps milles caresses. Mais l’autre courrait encore, et ils coururent tant et si bien qu’il fit bientôt nuit. Ils arrivèrent aux falaises, et comme l’apprenti ne distinguait plus que son adversaire, il couru jusqu’au bord de la falaise, comme lui. Et comme lui, il tomba dans le vide. Lorsqu’il sentit son corps léger comme un plume, quand il ne sentit plus son poids, et qu’ils se sentaient tiré vers le bas, l’apprenti sentit qu’il tombait. Et il voyait, en dessous, l’autre le précéder. Alors il leva les yeux, et la chute dura assez longtemps pour sentir le vent dans ses cheveux et sous ses vêtements, apprécier la vue dégagée. Il arriva bientôt dans les arbres, et il sentit le chêne et le pin et le châtaigner, mais il continuait de tomber. Alors il s’écrasa au sol, et la douleur qu’il ressentit fut terrible, d’autant plus horrible qu’il ne mourut pas sur le coup, et que son corps, pratiquement sans vie, roula à travers les arbres en suivant la pente, et s’arrêta finalement dans le champs de blé brun, encore plein de la chaleur accumulée dans la journée. Il s’arrête là, car il avait cogné contre le corps de celui qu’il poursuivait, et qu’il avait suivit. Il tourna lentement et difficilement la tête vers ce qu’il avait cogné. La douleur l’assaillait, et sa vision se troublait : il put néanmoins apercevoir l’autre : et il vit une marionnette – une marionnette de berger. Il avait poursuivit jusque là un pantin, et celui-ci l’avait tué. Mais comme il sentait sa vie s’échapper, il pensa une dernière fois à cette absurdité, et dans un dernier souffle, il ne put prononcer que ces mots : „j’ai dû rêver“.</p>
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		<title>Perception et construction d&#8217;un nouveau monde &#8211; R. Descartes</title>
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		<pubDate>Thu, 13 Mar 2008 14:14:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>zarath</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p>Après avoir, pendant le Renaissance, vanté les mérité de la culture et de la science antique, en particulier celle d’Aristote, les philosophes du XVIIe vont s’attacher à renverser complètement cette vision du monde, pour bâtir un science nouvelle et solide. En 1633, la condamnation de Galilée par l’inquisition illustre parfaitement cet affrontement. La démarche de Descartes se comprend dans cette optique. Il cherche à s’éloigner de la vision théologique du monde, pour construire une physique nouvelle. La parution en 1637 des Essais, dont le discours de la Méthode en est l’introduction, est une tentative d’éclairer le peuple et l’homme dans son universalité. En quoi la méthode cartésienne est elle si « révolutionnaire » ? Descartes propose d’abord à ses lecteurs une nouvelle façon de penser tout à fait inédite, qui va permettre la création d’un Nouveau Monde. Quel rôle va jouer le discours de la méthode dans la construction de cette vision originale du monde ? Comment cette vision se met elle en place, et d’où tire t’elle sa source ?I – Une nouvelle perception du monde</p>
<p>Pour Descartes, cette révolution dans la manière de voir le monde doit commencer par renverser l’édifice scolastique fournit par Aristote et Thomas d’Aquin. Aristote va mettre en place une méthode empiriste, en opposition à la philosophie de Platon. En partant du sensible, c’est à dire de la perception de l’être par les sens, le philosophe va chercher à mieux connaître l’objet pour parvenir à une connaissance la plus approfondie possible. En réponse à la 7e objection, Descartes va énoncer « du connaître à l’être la conséquence est bonne ». On ne peut donc connaître que si il existe l’être. Ainsi, puisque toute connaissance inclus l’être, il ne faut pas partir de l’être du connaître. Et c’est en connaissant clairement et distinctement une chose que l’on va pouvoir être certain de son existence. ( Méditations Métaphysiques, II). Cette nouvelle méthode renverse donc celle, empiriste, des scolastiques. Or on ne peut connaître que cette méthode si l’on suit l’enseignement des doctes dans les universités : « il est presque impossible que nos jugements soient si purs, ni si solides qu’ils auraient été, si nous avions eu l’usage entier de notre raison dès le point de notre naissance, et que nous eussions jamais été conduit que par elle » (Discours de la Méthode, II). La méthode proposée par Descartes est donc totalement originale, c’est une nouvelle manière de voir le monde et de philosopher, qui va renverser les théories scolastiques. C’est un nouveau départ, car elle va encourager à « ne recevoir jamais une chose comme vrai, que je ne la connusse évidemment ».</p>
<p>La perception ne part donc pas du sensible. Ce ne sont pas les organes sensitifs qui permettent de sentir, mais l’âme, car sentir est une modalité de la pensée : « Toutefois, à tout le moins, il est très certain qu’il me semble que je vois de la lumière, que j’entends du bruit, et que je sens de la chaleur ; cela ne peut être faux : et c’est proprement ce qui en moi s’appelle sentir ; et cela précisément n’est rien autre chose que penser » ( Méditations Métaphysiques, II, 9). Comment comprendre cela ? Dans la IVe partie de sa Dioptrique, il énoncera : « on sait déjà que c’est l’âme qui sent, et non le corps ». La perception d’une chose va passer par les organes, puis atteindre l’âme : c’est là que va se former la sensation (la chaleur, l’odeur, etc.). Un organe perçoit, mais ne peut le faire en lui même, car il a besoin de l’âme pour exprimer ce qu’il perçoit. Par exemple, une main coupé jetée dans le feu n’aura pas chaud : elle brûlera, mais ne sentira pas qu’elle brûle. Descartes énonce un autre argument, toujours dans la IV partie de la Dioptrique : « Lorsque l’âme est divertie par une extase ou une forte contemplation, tout le corps demeure sans sentiment, encore qu’il y ait divers objet qui le touche ». Comment la perception passe des organes à l’âme ? Celle-ci, située dans le cerveau, reçoit les données par les nerfs. Le cerveau est donc le siège de l’âme : celle ci n’épouse pas comme le disait Aristote la totalité du corps, mais seulement le cerveau. C’est donc une toute nouvelle façon de percevoir que met en place le système cognitif de Descartes.</p>
<p>Il reste encore une étape à franchir pour faire sortir la pensée de l’emprise scolastique : mettre en place une nouvelle relation entre l’homme et le monde. La sensation prend place à l’extérieur du sensible, en l’homme, dans lui-même. Le principale préjugé que combat Descartes consiste en la croyance que le monde est tel que nous le voyons. Or la chose, dans son essence, n’est pas la chose qui se forme en notre esprit. Le monde existe en dehors de nous, et sans nous. Descartes est le premier à énoncer cette distinction de l’homme et du monde aussi clairement. Dans le premier chapitre du Monde, Descartes énonce : « car encore que chacun se persuade communément que les idées que nous avons en notre pensée sont entièrement semblables aux objets dont elle procède, je ne vois point toutefois de raison qui nous assure de cela ; mais je remarque, au contraire, plusieurs expériences qui nous en doivent faire douter ». Ainsi, le langage nous fait concevoir dans notre esprit des choses qui n’ont rien de commun avec l’objet pensé : il n’y a rien de commun entre le mot « table », et une table réel. Ou entre une fourchette et le mot « fourchette ». Il n’y a ici rien de commun entre le mot, c’est à dire la perception, et l’objet que nous imaginons intuitivement dans notre esprit. La sensation que nous avons en nous du monde n’est donc pas le monde tel qu’il est. Et c’est là que Descartes se fait le créateur d’une nouvelle science, d’une nouvelle vision du monde : sa méthode a remise à plat tout le système empiriste scolastique, qui lui part du sensible perçu pour aller vers la connaissance. Mais cette perception ne correspond pas au monde réel !</p>
<p>La méthode de Descartes va donc consister à faire passer toute perception par la grille de l’entendement, de façon à concevoir clairement et distinctement dans mon esprit la réalité du monde extérieur. Il s’agit de prendre conscience de l’extériorité du monde, et de la différence qui s’opère entre la création de la sensation en mon esprit par la perception de la chose, et la chose elle même. Descartes va donc se lancer à la recherche de l’essence du monde, de ce qui reste lorsque l’on a gommé tous les accidents, c’est à dire les altérations, d’une chose. La méthode joue donc un rôle primordiale et essentiel : il s’agit en fait de construire un monde en ne partant que de la raison, en gommant l’action des sens sur toute les choses que l’on cherche à connaître. Or qu’est ce qui est commun à toute chose, après avoir supprimé les qualités subjectives perçues par les sens : la matière.</p>
<p>II – Un Nouveau Monde,</p>
<p>La première chose à laquelle va s’attaquer la physique de Descartes va être la physique scolastique, héritée d’Aristote. La principale originalité de la physique cartésienne va être la réduction de la totalité du monde à une seule et même entité : la matière. Cette homogénéité de l’être va être l’argument qui va contrer la physique aristotéliciennce. Les scolastiques en effet imaginent l’univers comme constitué de plusieurs niveaux qui n’ont pas la même structure physique. L’étage le plus haut est le plus noble est celui du feu. Suit ensuite celui de l’air, puis de l’eau et enfin de la terre. Ainsi la réalité d’une chose est désigné par sa place, dans sa localité. Il existerait deux mondes parallèles, un monde haut, divin, celui de la perfection, et un monde bas, celui de la corruption, des hommes. Ainsi pour Platon, le philosophe va devoir chercher à atteindre des niveau les plus élevés : cette tradition va se retrouver dans la doctrine chrétienne, avec le notion de salut. Le monde scolastique est alors un cosmos, c’est à dire une nature organisé, où chaque élément est sa place et se définie par celle-ci. On se rend compte que la physique de Descartes, avec l’homogénité de la matière, rend complètement obsolète cette vision du monde. Si la matière est la même partout, il ne peut exister de monde parallèle, ou de niveaux plus ou moins nobles.</p>
<p>Mais qu’est ce que la matière ? Elle est en fait une matérialisation d’une chose dans l’espace. La matière va être tout ce qui va prendre un certain espace. Descartes va alors la nommer « l’étendue ». Partout où il y aura une spacialité, il y aura de l’étendue, donc de la matière. Tout espace est donc mtière, et il n’existe pas d’espace vide. Mais cela ne va pas l’obliger à renier sa métaphysique : en effet, ni l’âme, ni dieu n’est matériel. Ce sont des entités qui ne prennent aucun espace, qui sont en quelques sortes exclus du monde physique. Cela n’empêche pas les deux sciences d’être en étroite relation, car sans la métaphysique, on ne peut prouver l’existance du monde extérieur, et sans la physique, on ne peut connaître ce monde : or ce sont des deux préceptes que Descartes a besoin de prouver pour mettre en place sa science. Néanmoins, cette matière ne fonctionne pas en elle même comme les moteurs immobiles d’Aristote : c’est donc dieu qui a crée le mouvement. La matière est gouvernée par des lois, qui lui donne son mouvement et assure sa conservation. Car il s’agit de conserver la matière et le mouvement qui a été mit dans le monde par dieu au moment de sa création, pour permettre au monde de perdurer. Par exemple, on sait depuis Galilée en 1933 que la Terre tourne autour du Soleil. Imaginons qu’elle s’arrête de tourner : le monde tel qu’il est s’arrêterait immédiatement d’être comme il est : car les lois du mouvements ne seraient plus actives. Quelles sont donc ces lois ? Descartes en formule trois dans son ouvrage Le Monde : La première est le principe d’inertie : « chaque chose demeure en l’état où elle est pendant que rien ne change ». Ainsi, chaque chose ne tend pas à se rendre en un lieu précis qui lui aurait été assigné, comme c’est le cas dans la physique d’Aristote, où le mouvement serait le moyen de révéler à la matière sa potentialité, sa puissance. Par exemple, le mouvement pourrait donner au bois sa forme qui lui est propre (un meuble par exemple). Avec Descartes, le mouvement ne signifie pas la destruction de la matière. Celle ci reste la même, et si sa forme change, cela ne détruit en rien la quantité de matière qu’il y avait en elle a la base. La seconde loi est que « quand un corps en pousse un autre, il ne saurait lui donner aucun mouvement, qu’il n’en perde en même temps autant du sien ; ni lui en ôter, que le sien ne s’augmente d’autant. ». Il ne peut donc y avoir une altération dans la quantité de mouvement, mais bien un changement de place, de localité d’une certaine quantité de matière. La troisième loi est la suivante : « tout corps qui se meut, tend à continuer son mouvement en ligne droite ». Celle-ci est prouvée dans le Dioptrique, où « toutes les parties de la matière subtile, que touche le côté du soleil qui nous regarde (c’est à dire les rayons), tendent en ligne droite vers nos yeux ».</p>
<p>Néanmoins, Descartes s’est bien que ces lois ne peuvent se produire telle qu’elle dans la nature : ce qu’il cherche, c’est à trouver les éléments invisibles qui gouvernent la matière. Or celle ci, à l’expérience, ne présente pas comme telle, car il existe des mouvements spécifiques dans la nature, et que les corps ne sont pas tous égaux. Il manque aussi notament la loi sur la gravité que Newton découvrira en 1967 pour comprendre de façon plus claire les mouvements. Mais Descartes a ouvert la voie (avec d’autres, comme Galilée ou Hyugens&#8230;) à une physique de la quantité, à une science nouvelle. Il a réussi à mettre à la nature à la portée de l’homme, à nous rendre, comme il le dit dans la VIe partie du Discours de la Méthode, « maitres et possesseurs de la Nature ». Cette maitrise va alors permettre à l’homme de se servir du monde à son avantage. Par exemple, l’analyse de la vision, dans la dioptrique, va permettre à l’homme de construire des lunettes plus précises, et donc de voir bien mieux. Ou encore, dans la Ve partie du Discours de la Méthode, d’encourager la Médecine, et qu’est ce qui peut être plus bénéfique que d’être en bonne santé ? Enfin, la morale que va tenter de mettre en place Descartes, est un exemple de la prise de l’homme sur le monde : car c’est lui qui va ériger ses propres lois, et non pas dieu qui va lui imposer. En proposant une morale, il va s’écarter de la morale institutionnalisée par l’Eglise ; il va encourager les hommes à sortir du dogmatisme chrétien, pour les pousser vers la science et la rationnalité.</p>
<p>Pour terminer, nous pouvons rappeler que c’est par la Méthode qui va proposer une nouvelle perception du monde et distinguer clairement l’homme et le monde, que va pouvoir se mettre en place un monde nouveau. Le Discours de la Méthode, et sa suite, constituée des Essais ( les Dioptriques, les Météores, la Géométrie), est donc un manuel d’enseignement, écrit en langue vulgaire, destiné à placer le monde à la porté de l’homme, et à écarter le dogmatisme religieux des sciences, sur lesquels il a pris possession.</p>
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		<title>Le livre du philosophe &#8211; F. Nietzsche</title>
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		<pubDate>Thu, 13 Mar 2008 14:11:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>zarath</dc:creator>
				<category><![CDATA[Philosophia]]></category>

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		<description><![CDATA[Ce livre est avant tout un « bon livre », d’après son auteur! Ecrit dans un style tout particulier, où le langage recoupe le penser. Difficile de suivre le texte, puisque c’est proche de la pure pensée. Thèmes/mots clés : connaissance, civilisation, homme, science, philosophie, art. Origine de sa pensée : Kant, Schopenhauer, les Grecs [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=pimmel.wordpress.com&amp;blog=3149095&amp;post=4&amp;subd=pimmel&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="texte">
<p class="spip">Ce livre est avant tout un « bon livre », d’après son auteur! Ecrit dans un style tout particulier, où le langage recoupe le penser. Difficile de suivre le texte, puisque c’est proche de la pure pensée. Thèmes/mots clés : connaissance, civilisation, homme, science, philosophie, art. Origine de sa pensée : Kant, Schopenhauer, les Grecs (présocratique)</p>
<p class="spip">Nietzsche met en garde contre les dangers de la science. Celle-ci, poussée à l’extrême, n’est plus un bien pour l’homme. La connaissance, objet typiquement humain, n’apporte pas en elle même à l’homme le bonheur. Elle ne le rend pas plus homme non plus. Mais il existe un instinct de connaissance qui nous pousse à tout comprendre de ce qui se passe autour de nous.</p>
<p class="spip">Cet instinct change notre vision du monde, en le rendant plus neutre ( désenchantement du monde de Weber&#8230;). L’homme donne du sens, il doit donner sens aux choses. Mais ces choses nous sont étrangères. Nous ne recevons que des « excitations » de la part de signaux émis par les objets et perçus par nos sens. La plante n’existe que dans la mesure où elle prend forme dans mon esprit ( dérives métaphysiques à la Berkeley). Le monde existerait très bien sans l’homme&#8230;</p>
<p class="spip">La science pense que connaître le monde nous permettrait « d’être mieux »&#8230;Mais c’est en fait tout l’inverse. Elle est un processus destructeur, qui rend l’homme « insensible ». Et sans sentiment, l’homme n’est rien que de la pure matière&#8230; Il s’agit de rendre leur beauté aux choses, d’effectuer une « transfiguration esthétique » du monde. Comment ? Par l’art, qui seul peut soulever des voiles, cacher la vérité derrière des illusions. Il est le remède aux maux causés par la connaissance.</p>
<p class="spip">L’homme est malade : sa pulsion, son instinct à connaître, à chercher la vérité, l’a poussé dans une impasse, sans doute un cercle vicieux : plus je veux connaître, et plus je connais, mais plus je me rend compte que je ne sais pas tout. Donc plus je veux connaître. Et cet instinct détourne l’homme de la contemplation, du beau, de l’art. On peut ici se reporter à La Naissance de la Tragédie, avec la thématique suivante : l’existence ne prend son sens que dans la contemplation de l’esthétique. Le philosophe ? Il doit fixer des limites à cet instinct, à la science (éthique scientifique ?).</p>
<p class="spip">Mais il en donne aussi une certaine définition : il est celui qui reste extérieur à son temps. Intemporel. Il est aussi médecin, celui qui diagnostique le mal, et y apporte une solution. Mais ce n’est pas celui qui s’implique dans son siècle. Le philosophe ne fait pas de politique : il observe, prévient, et prescrit. Ce n’est pas à lui d’appliquer, d’exécuter. Il reste législatif. Il doit aussi en quelques sortes montrer l’exemple. Le philosophe doit se faire philosophe-artiste, il doit tisser des voiles, des illusions : le faire pour lui surtout. Mais être imité et dépassé par les autres.</p>
</div>
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		<title>Le cas Wagner &#8211; F. Nietzsche</title>
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		<pubDate>Thu, 13 Mar 2008 14:11:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>zarath</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Ce cours texte est episcolaire : style très vifs, ironique, et polémique. N. entame une critique de la l’art moderne, et prend Wagner comme chef de file. Critique artistique, presque davantage que philosophique&#8230; Comme souvent chez Nietzsche! L’art de Wagner serait collosal, gros, évouvant, et pas vraiment raffiné. Il est l’artiste décadent, mais sans doute [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=pimmel.wordpress.com&amp;blog=3149095&amp;post=5&amp;subd=pimmel&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="texte">
<p class="spip">Ce cours texte est episcolaire : style très vifs, ironique, et polémique. N. entame une critique de la l’art moderne, et prend Wagner comme chef de file. Critique artistique, presque davantage que philosophique&#8230; Comme souvent chez Nietzsche!</p>
<p class="spip">L’art de Wagner serait collosal, gros, évouvant, et pas vraiment raffiné. Il est l’artiste décadent, mais sans doute le plus grand artiste de son époque. C’est son époque qui est corrumpue. Décadent, car son art est un mensonge, un m’a tu vu. Il ne recherche pas la beauté, mais plutôt le plaisant au public. Qu’est ce que la décadence de ce siècle ? Un manque d’instinct, et un trop rempli d’artificiel. Wagner fait de l’opéra, et du grand opéra. Il fait de la musique, et il fait du drame. Il n’est n’y artiste ni dramaturge&#8230;</p>
<p class="spip">Son art reste du rationnel. Il touche par sa recherche de « faire profond ». Il n’est pas profond. Il reste un comédien, toute son oeuvre est une comédie. Jamais du naturel, pas d’instinct, pas de pulsion de vie! Wagner serait un trop plein de « spectaculaire », de « sensationnel ». L’art perd son sens profond et métaphysique et s’adapte alors davantage au terme de « divertissement »&#8230; Mais l’alchimie fonctionne, et plaît au public : corruption du goût et de l’art!</p>
<p class="spip"><i>		Que le théâtre n’en vienne pas à dominer les autres arts. 		Que le comédien ne devienne pas le suborneur des purs. 		Que la musique ne devienne pas un art de mentir. 		Paragraphe 12, F. Nietzsche</i></p>
<p class="spip">Pour bien comprendre le sens que Nietzsche donne à la musique, il faut s’appuyer sur <a href="http://yaganio.free.fr/revue/spip.php?article3" class="spip_out">La Naissance de la Tragédie</a>. C’est ici qu’il nous en donne une vrai définition : <i>Nietzsche contre Wagner</i> est plus un ouvrage polémique que profond. La musique serait d’abord d’essence Dionysiaque. Elle aurait la faculté de nous faire entrer dans une transe qui nous ferait oublier notre personnalité, notre « principe individualiste ». La sensation s’approcherait alors d’une communication avec le dieu, avec l’essence, les Mères des choses : l’esprit alors se perdrait dans d’insondable et incompréhensible tourment, se fondrait dans l’Un primitif. Cette approche de l’être, de l’Un, est en fonctionnement opposé à celui d’Apollon, qui lui serait le dieu de l’apparence, du voile, du beau. Néanmoins leur nature est identique dans la mesure où les deux, divinités de l’art, existe pour aider l’homme à supporter son existence sans sens, absurde dirait Sartre.</p>
<p class="spip">Ainsi, la musique du « vieux »Wagner serait un divertissement, dans la mesure où ne prennent plaisir que les sens, mais où notre esprit ne saurait se faire oublier dans une transe Dionysiaque : la musique serait un art de mentir dans la mesure où elle ne nous approcherait plus de l’essence de l’être, mais nous éloignerait de cette réalité, et participerait avec la civilisation entière à la construction de valeurs fausses, basée sur le simple plaisir, sur des morales extérieurs à nous même&#8230; (cf Ainsi parlait Zarathoustra).</p>
</div>
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		<title>La naissance de la tragédie &#8211; F. Nietzsche</title>
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		<pubDate>Thu, 13 Mar 2008 12:44:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>zarath</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La Naissance de la Tragédie est le premier ouvrage de Nietzsche, où il se propose d’étudier la civilisation grecque du point de vue Esthétique. Mais cet ouvrage de philologie dépasse rapidement son cadre, et l’étude de la civilisation grecque ne se satisfait pas pour elle-même, mais bien comme modèle, artistique et philosophique, d’une civilisation qui [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=pimmel.wordpress.com&amp;blog=3149095&amp;post=3&amp;subd=pimmel&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="texte">
<p class="spip">La Naissance de la Tragédie est le premier ouvrage de Nietzsche, où il se propose d’étudier la civilisation grecque du point de vue Esthétique. Mais cet ouvrage de philologie dépasse rapidement son cadre, et l’étude de la civilisation grecque ne se satisfait pas pour elle-même, mais bien comme modèle, artistique et philosophique, d’une civilisation qui a tant à nous apprendre. Nietzsche part du constat suivant : l’esthétique est toujours parti d’un seul point de départ : le beau. Mais il veut démontrer qu’il en existe en fait deux origines, qui s’éloigne largement de ce „beau“. Les deux formes s’illustrent avec deux dieux grecs : Dionysos et Apollon. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, par la référence plus effective de Nietzsche à l’égard du premier, l’un n’a pas de le dessus sur l’autre. Les deux sont en conflis perpétuel et à l’origine de la société grecque : parfaite illustration de la pensée Héraclitéenne, mais aussi celle d’Empédocle, avec l’opposition Amour/Haine. Nietzsche développe d’abord sa thèse en étudiant le mouvement de l’histoire grec. Les deux divinités représentent une forme de l’art, et qui, tout en s’opposant, restent interdépendantes. Apollon n’existerait pas sans Dionysos,et Dionysos n’a aucune raison d’être sans Apollon. Attention ici à ne pas croire s’enfoncer dans une vision dialectique : Nietzsche en est le plus fidèle détracteur! Apollon est le dieu des arts plastiques, des belles apparences, de la noble. Il est le côté de l’art qui tend à recouvrir d’un voile artistique la laideur et l’absurdité du monde. Il est le dieu qui peut rendre supportable l’être en le cachant, en rendant beau ou sublime ce qui doit apporter à l’homme le dégoût&#8230; c’est l’homme le plus noble, celui de l’apparence. Dionysos est qu’en a lui la divinité de l’essence de l’être : il l’approche en se fondant en lui, en dépassant l’être de façon à faire corps avec. C’est dans la transe, dans le dépassement de soi-même par la perte de soi, la perte de la conscience d’être au monde que nous pouvons comprendre l’essence de l’élan artistique dyonisiaque. C’est l’orgie, c’est l’homme dans la dépossession de soi, et qui déborde de vie, qui se comprend par les trippes. Pour mieu comprendre leur rapport, il s’agit de se reporter à l’être comme phénomène. Celui qui va tenter d’en percer le secret va, en sondant au profond des choses, être confronté à la plus horrible des vérités : l’absurdité de l’existance en elle-même, le non-sens de l’être. Devant cette conclusion irrémédiable, apportant douleur et souffrance, l’art se révèle comme un voile pour cacher cette terrible connaissance : Apollon va alors se projetter à l’extérieur de l’être, en le recouvrant d’un voile, comme un magicien pourrait cacher un objet sous sa cape. Dionysos, dans une démarche plus mystique, plus osée, va s’enfoncer au coeur de l’être, jusqu’a une zone sans espace ni temps, proprement métaphysique. C’est lorsque nous rejoingnons cette zone que l’on ressent alors un sentiment merveilleux d’effacement de soi, de perte de conscience : où la perte de notre individualité est justifiée par notre proximité à l’Un universel, aux Mères de l’être. Où le coeur de l’être n’est autre qu’une transcendance divinement savoureuse!</p>
<p class="spip">Dans l’histoire grec, à l’origine devait prédominer Dionysos, et les pulsions „primitives“ enfouient dans le coeur des hommes. Mais la société grec, pour perdurer, ou simplement véritablement naitre, devait sortir de cette „orgie sans fin“. Elle a due élever des voiles sur l’homme, sur ce qu’il est et sur ce qu’il l’entoure : d’où le Poète Homère, „père“ du monde grec, des dieux, qui ne sont rien d’autres qu’un voile sur l’être. A côté de cet Homère, l’apollonien par excellence, ce trouve Archilope, le poète prosaïque dionysiaque, avec les attributs que l’on peut lui donner. Exemple du conflit&#8230; qui continue, et la civilisation grecque va alors se replonger dans une période dédiée aux Mystères et aux expériences mysthiques, aux premiers philosophes, tel Héraclite dit „l’obscure“. En réponse à cet age que l’on pourrait qualifier aujourd’hui de „décadent“, mais qui est en fait un débordement de vie, vont se construire les philosophes tel Parménide, ou Démocrite : la rationnalité qui pointe son nez, mais toujours mélangée à de l’essence „dyonisiaque“. A côté d’eux, les premiers grands Tragiques grecs, Sophocle et Eschylle, eux aussi tiré du dionysiaques, mais qui constituent en fait l’aboutissement de ce conflit symbolisé par les deux divinités. La tragédie est l’oeuvre d’art suprême, à la fois apparence extérieure (la scène, les acteurs) et profondeurs intérieurs (le choeur, le „vrai spectateur“ car en communion avec Dionysos). Mais Socrate ca faire basculer cette perfection artistique, et mener la civilisation grecque vers son déclin : c’est le rationnalisme optimiste, qui place en à la science une foi aveugle : car il croit qu’elle peut alors par les lois de la causalité et de la raison arriver à consoler l’homme de son existance. Il est l’homme théorique, le scientifique, qui ne voit pas que la science contient en elle-même les germes de sa propre destructions, par cela-même qu’elle est limité. Socrate est le premier à instaurer capable de se justifier par la raison. Cet homme va alors balayer toute la civilisation grecque bati sur la confrontation appolonien/dionysiaque, balayer la tragédie, balayer l’être comme substance inconnaisable, et proclamer partout que tout peut être atteind par la science.</p>
<p class="spip">Le Dionysiaque a pour représentation artistique la musique. La musique serait le moyen de parvenir à l’essence des choses, au coeur de l’être. L’applonien est l’esthétique de l’image, de la vue, l’art plastique, la danse. Les deux constituent la base de l’art, ce voile contre l’horreur de l’existance.</p>
<p class="spip">La mission de l’art : „délivrer nos yeux du regard qu’ils ont plongé dans les terreurs de la nuit et sauver le sujet des convulsions de la volonté par le baume salutaire de l’apparence“ La volonté est l’essence des choses qui les poussent à exister, et à chercher la continuation de leur existance.</p>
<p class="spip">Citation : p.96 édition<i> Folio essai</i> „Je tiendrais mon regard fixé sur les deux divinitées grecques de l’art, Apollon et Dionysos, en qui je reconnaitrais les vivants représentants, à l’évidence, de deux mondes distincts de l’art – et distinct dans leur essence la plus profonde comme dans leurs buts les plus élevés. Apollon, lui, se dresse à mes yeux comme le génie transfigurateur du principium individuationis, par qui seul peut se produire la délivrance par l’apparence – alors qu’a l’appel jeté par Dionysos dans la jubilation mystique, les frontières de l’individualisation volent en éclats, frayant ainsi la voie qui mène aux Mères de l’être, jusqu’a tréfond le plus intime des choses.“ (&#8230;) „formidable opposition qui s’ouvre, béante, entre l’art plastique (qui est l’art apollonien) et la musique (l’art Dionysiaque).“</p>
</div>
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		<title>Premier billet&#8230;</title>
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		<pubDate>Thu, 13 Mar 2008 12:41:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>zarath</dc:creator>
				<category><![CDATA[Les restes pour le chien]]></category>

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			<content:encoded><![CDATA[<p>Bienvenu à bord de ce blog, dédié à de nombreuses thématiques&#8230;</p>
<p>Le concept est le suivant : que faites vous pendant vos pauses, ou quand vous ne savez pas quoi faire ? Vous êtes toujours les bienvenus ici !!</p>
<p>Si vous êtes intéressé pour participer à ce blog, vous êtes les bienvenus : il se veut un lieu d&#8217;échange d&#8217;idée, par tous et pour tous!<br />
Pour aussi, enfin se tourner, d&#8217;après le mot de Michel Onfray, là où les premiers philosophes s&#8217;exerçaient leur art : dans la rue, chez monsieur tout le monde. Parce que le partage de la connaissance est le début du partage des richesses.</p>
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